Cycles Laurent
La rubrique de Tonton
Le pédalage

Ce chapitre est le fruit d’une réflexion personnelle sur le geste du pédalage. Il y a bien assez de bouquins et d’articles sérieux sur ce chapitre.

J’ai constaté que bon nombre de pratiquants opéraient un mouvement vertical pour tournez les jambes (appui du haut vers le bas). A mon avis c’est une perte de beaucoup d’énergie pour peu de résultats. Pour moi la vélocité s’opère par un geste horizontal, d’avant en arrière.

Je m’explique : imaginez une fronde armé d’une pierre, pour lui donner de la vitesse vous la lancez d’avant en arrière. Ensuite elle va tourner d’elle-même pendant une certaine durée avant qu’on lui redonne l’impulsion nécessaire pour lui redonner de la vitesse.

La jambe c’est la fronde, et le pied la pierre. J’imagine lancer mon pied loin devant moi. Il reviendra toujours plus vite vers l’arrière pour accomplir la fin du geste. D’où l’importance de mouliner le plus possible pour comprendre la gestuelle (39-18, 39-17) Armstrong n’à rien inventé, les anciens (qui avaient tout pigé) le faisaient déjà depuis longtemps et ça ne les empêchait pas d’aller très vite.

Maître Jacques (Anquetil) moulinait sur le 52-13. Et je suis sur qu’il en aurait fait de même avec le 53-12. Mais il est primordial d’assimiler la chose sur des petits développements. Le home-trainer est très utile. C’est comme en musique, on fait ses gammes. De plus cela nous oblige à faire travailler le cœur plus que la musculation. Le but du jeu est de tourner les jambes de plus en plus vite en abaissant son rythme cardiaque petit à petit. Le pousser tirer alors deviendra plus évident au moment des passages en prise (ascensions, vent, accélérations) etc. ...

Il ne faut pas appréhender l’impression de tourner les jambes dans le vide, ou l’essoufflement. Au bout de pas mal de travail cela devient naturel et on n’y pense pratiquement plus.

Il est aussi nécessaire d’être bien posé sur sa machine ne pas oublier que c’est le vélo qui nous porte ! Plus on est raide plus le mouvement se fait en force.

C’est du temps gagné au moment de chausser la plaque. Un coureur véloce sera puissant au bon moment. L’inverse ...... ??????

Th. Delamarre

Post Scriptum de Ch. Bille

Ce que Thierry n’a pas mentionné dans son article est une chose qui m’a beaucoup aidé quand j’ai réappris le geste du pédalage. Mais avant un petit retour en arrière. Au début de ma carrière de cycliste je croyais que tout bon cycliste se devait de rouler sur la plaque (ou l’anneau des héros en Allemagne).

Alors évidemment je transformais mes essais de monter sur le Haut Folin en orgies d’acide lactique. Comme nombre d’entre nous je croyais que c’était la normalité. Fallait être têtu pour commencer le vélo de course, après 25ans de cigarettes, dans le Morvan avec un vélo de 11kg et 52/42 devant et derrière 6 vitesses 13-23.

Puis un jour Thierry a commencé à rouler avec moi et m’a appris les choses qui lui on été enseignées par des anciens sur les pistes du Bois de Vincennes. Le moulinage pour arriver à un geste de pédalage rond. Cela demande bien sur la capacité de se remettre en question, la faculté de laisser passer les autres devant, parce que d’un coup on est moins vite avant de pouvoir accélérer de nouveau.

Combien de fois Thierry m’a donné des exemples pour penser le geste, je ne sais plus, mais les deux qui m’ont aidé à imaginer, ou ressentir le geste dans ma tête, étaient les suivants :
-  ne pas penser à tourner les jambes ce qui est un geste tout à fait contre nature, mais penser à marcher ou courir. Quand on marche on appuie pas non plus en bas, mais on avance les pieds.
-  penser à la tringlerie d’une locomotive à vapeur (le plus jeunes savent peut être même pas ce que c’est). Le mouvement horizontal, avant arrière du piston se traduit en rotation des roues. Les pieds sont les pistons qui bougent avant arrière (tirer pousser), et ce mouvement horizontal se traduit en rotation de la manivelle.

Il suffit maintenant de faire ça le plus souple et vite possible et le tour est joué. Sans ça je ne serais pas à mon niveau aujourd’hui, je n’aurais pas réussi à monter le Mont Ventoux. Il ne m’a pas fallu un an pour réapprendre à pédaler, maintenant il faut travailler à garder cet acquis et peaufiner, peaufiner, peaufiner, ...


2006-03-19 21:58:57
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